Présentation

EN PSYCHANALYSE

Présentation de la psychanalyse

 

Depuis sa création par S. Freud, il y a plus d’un siècle maintenant, la psychanalyse a été critiquée, combattue, attaquée pour son caractère subversif. Elle a toujours dérangé. Aujourd’hui plus que jamais. Certains ont même participé à la rédaction d’un « livre noir » pour, pensent-ils, en finir avec elle. Il n’empêche ! Elle existe. Elle vit et fait vivre.

 

La psychanalyse est ce travail ouvrant sur une autre scène, où l’analyste et l’analysant réélaborent et donnent forme à ce qui n’a pu avoir lieu dans les temps anciens de l’enfance.

 

Etre psychanalyste c’est être en capacité d’entendre, écouter et comprendre un(e) autre, qui est à la fois semblable et différent.

 

Comprendre ? Qu’est-ce à dire ?

 

Il ne s’agit évidemment pas de consoler, de soutenir : l’entourage s’y applique et force est de constater que la souffrance de celui qui en pâtit reste paralysante.

Le but de la psychanalyse est de permettre à celui qui s’y engage de ne plus avoir peur de sa propre peur, de s’éprouver acteur de sa vie, de trouver ou de retrouver le goût de vivre.

 

Pour le (la) psychanalyste, comprendre implique d’avoir éprouvé, soi-même, désarroi, délitement, souffrance, mais aussi jubilation, espérance, joie quand, de la nuit on émerge avec un regard nouveau sur soi et sur le monde. Un regard en quelque sorte débarrassé de certains avatars de l’inconscient.

Le travail psychanalytique consiste, pour l’analyste et l’analysant, à ouvrir une voie qui permette de faire venir au jour les conflits inconscients, de les réélaborer en liaison avec les souhaits infantiles inassouvis. Cela demande persévérance et courage. Les désirs inconscients, refoulés ou enkystés, sont quelquefois mortifères, toujours invalidants pour l’accès aux satisfactions attendues de la vie. Le chemin de leur mise au jour, s’il est ardu, est sans dangers avec une personne qui l’a elle même parcouru ; pour le dire autrement, avec une ou un psychanalyste.

La différence entre les confidences à une amie, à un proche, et, les confidences à un (une) psychanalyste, est fondamentale. Le (la) psychanalyste a une capacité d’empathie et de distance, forgée à l’aune de son expérience personnelle et clinique. Essentielle pour écouter, entendre et comprendre ce qui n’est pas dit.

L’empathie est indispensable pour l’accueil de l’autre. Mais ne suffit pas à elle seule. L’empathie conduit au dolorisme et ce n’est pas le rôle de l’analyste. C’est la distance qui permet d’analyser et de débusquer dans la souffrance du patient ce qu’il ignore de ses conflits inconscients. Elle provient de trois sources : l’étude de la théorie freudienne et la poursuite de sa recherche, l’analyse personnelle qui l’a confronté(e) à l’épreuve de ses failles et de ses désirs inconscients, et la longue expérience des patients qui ont permis d’affiner son écoute.

Le (la) psychanalyste accueille tout ce qui se dit, sans juger. Il débusque dans ce qu’il entend quelques signaux qui vont le mettre sur la voie d’une histoire singulière. Ce n’est pas ce que le patient croit être important qui se révèle signifiant pour dévoiler ce qui est à l’œuvre dans son mal être, voire ses tourments.

 

L’observation attentive des faits quotidiens montre que c’est un événement inattendu, douloureux et parfois même heureux, qui provoque une désorganisation dans les modes de compréhension et de communication habituels, plongeant l’individu dans la confusion et le désarroi, voire dans la dépression ou la décompensation (1).

 

L’organisation psychique se construit aux temps reculés de la prime enfance. Dans un environnement bien structuré, elle permet de faire face aux souffrances inéluctables de la vie. Elle portera les traces de ses failles autrement.

Dans ce sens, la psychanalyse s’adresse à chacun individuellement, quelles que soient sa terre natale, sa langue maternelle, ses mœurs et ses coutumes. N’avons-nous pas tous, à quelques exceptions dramatiques, sans doute, baigné dans le giron maternel ? Chacun l’ayant éprouvé bon et/ou mauvais.

 

Toute personne ne mérite-t-elle pas de s’affranchir de la contrainte de son inconscient ? Elle doit le vouloir cependant.

 

 

(1) Décompensation : Etat de très grande angoisse durant lequel la personne perd ses repères habituels. Où se trouvent confondus fantasmes et réalité.

 

 

 

 

 

Copyright: Marie-Thérèse Maltèse Milcent 2013. mentions legales